VISION 2063
Général de Division Abdoulaye Maïga — Premier Ministre, Chef du Gouvernement
La Vision 2063, née de la volonté politique des plus hautes autorités de la Transition, constitue une étape décisive dans la construction d'un Mali souverain, économiquement indépendant et financièrement solide, engagé sur la voie d'une économie émergente, résiliente et inclusive, au service du bien-être de ses citoyens. Elle traduit l'ambition collective de bâtir un pays apaisé, prospère et solidaire, pleinement maître de ses choix de développement et de son destin.
Cette vision ambitieuse repose sur un diagnostic lucide et sans complaisance de la situation globale du pays. Elle capitalise sur les enseignements tirés de la mise en œuvre du Cadre Stratégique pour la Relance Économique et le Développement Durable (CREDD 2019-2023), de l'Étude Nationale Prospective Mali 2025, ainsi que sur l'ensemble des initiatives pertinentes menées ces dernières années. Forte de ces expériences, la Vision 2063 ouvre une nouvelle trajectoire de développement souverain, inclusif et durable, fondée sur la valorisation des potentialités nationales, la transformation structurelle de l'économie, l'innovation, la diversification des secteurs productifs et une intégration régionale et internationale maîtrisée.
Dans cette dynamique, le Comité de Développement de la Confédération de l'AES joue un rôle central en accompagnant la mise en œuvre de cette vision stratégique. Il œuvre à la consolidation des bases d'une souveraineté économique réelle, à la mobilisation des ressources internes, à la promotion de partenariats équilibrés et mutuellement bénéfiques, ainsi qu'au renforcement des capacités institutionnelles et humaines nécessaires à la transformation structurelle de notre économie.
Résolument engagée aux côtés des autorités de la Transition, le Comité réaffirme sa détermination à contribuer activement à l'atteinte des objectifs de la Vision « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », pour faire émerger un Mali fort, prospère, souverain et tourné vers l'avenir, capable d'assumer pleinement son rôle dans l'espace AES et sur la scène internationale.
Dans la mise en œuvre de la vision de Son Excellence le Général d'Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l'État, le Gouvernement s'emploie à traduire en actions concrètes l'ambition de bâtir un Mali nouveau, souverain, sécurisé, prospère et résilient.
Cette ambition s'inscrit dans une dynamique de transformation profonde de notre pays et trouve notamment sa traduction dans la Vision Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma, qui porte la perspective d'un Mali souverain, économiquement indépendant, financièrement solide, inclusif et pleinement maître de ses choix de développement.
La transformation structurelle de notre économie, la valorisation de nos ressources, la promotion de l'innovation, le développement du capital humain, la diversification de notre appareil productif et le renforcement de notre intégration régionale constituent, à cet égard, des impératifs majeurs.
Dans cette dynamique, l'entrepreneuriat occupe une place centrale. En effet, la souveraineté ne saurait être uniquement politique ou institutionnelle. Elle doit également être économique, productive, alimentaire, énergétique, technologique et financière. Elle suppose la capacité de produire davantage, de transformer localement nos ressources, de développer nos entreprises, de maîtriser davantage nos chaînes de valeur et de créer des emplois et des revenus au bénéfice de nos populations.
C'est tout le sens de la politique volontariste engagée par les Autorités de la Transition en faveur de l'entrepreneuriat. La création, en 2022, d'un département ministériel spécifiquement chargé de l'Entrepreneuriat traduit la volonté de faire de l'initiative privée, de la créativité et de la capacité d'entreprendre de nos concitoyens des leviers essentiels de notre transformation économique.
Le thème de cette deuxième édition du Salon International de l'Entrepreneuriat-AES, « Entrepreneuriat au cœur de la souveraineté et de la transformation économique : de la culture entrepreneuriale à la création de valeur dans l'espace AES », traduit précisément cette ambition.
Il nous invite à franchir un nouveau cap : passer de la sensibilisation à l'action, de l'idée au projet, du projet à l'entreprise, de l'entreprise à la croissance et de la culture entrepreneuriale à la création durable de valeur.
L'enjeu n'est plus seulement de susciter l'envie d'entreprendre. Il est désormais de créer les conditions permettant à nos initiatives de devenir des entreprises viables, productives, innovantes, compétitives et capables de créer durablement des emplois et des richesses.
La première édition du Salon International de l'Entrepreneuriat-AES, organisée à Bamako du 18 au 21 novembre 2025, sous le thème « Entrepreneuriat, facteur d'intégration et de développement économique des pays de la Confédération AES », a permis de poser les fondations de ce rendez-vous économique.
Elle a constitué un espace de rencontre et de dialogue entre les acteurs des écosystèmes entrepreneuriaux du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tout en donnant une visibilité particulière aux initiatives portées par les jeunes, les femmes, les entrepreneurs et les organisations professionnelles.
Cette première expérience constitue un acquis qu'il nous appartient désormais de consolider, de capitaliser et de transformer en résultats durables.
La deuxième édition ne doit donc pas être une simple répétition de la première. Elle doit s'inscrire dans sa continuité tout en marquant une nouvelle étape, avec davantage d'innovation, de créativité, de professionnalisme, de partenariats et de résultats.
Il nous faut capitaliser sur les contacts établis, les initiatives présentées, les partenariats amorcés, les expériences partagées et les opportunités identifiées lors de la première édition afin de les transformer en projets concrets, en investissements et en collaborations durables.
Le Salon doit progressivement devenir un véritable instrument économique de la Confédération des États du Sahel, et non seulement un rendez-vous institutionnel.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger disposent de ressources considérables, d'une population majoritairement jeune, de savoir-faire diversifiés et de nombreuses complémentarités économiques.
Notre responsabilité est de transformer ces atouts en avantages compétitifs.
Nous devons rapprocher nos tissus productifs, développer les échanges, encourager les investissements croisés, faciliter la circulation des compétences et favoriser les partenariats entre entreprises.
Il nous faut également identifier et développer des chaînes de valeur prioritaires à l'échelle confédérale, notamment dans l'agriculture, l'élevage, l'agro-industrie, l'artisanat, les mines, l'industrie, les services, le numérique et les énergies.
L'ambition doit être claire : produire dans l'espace AES, transformer dans l'espace AES, créer de la valeur dans l'espace AES et conquérir ensemble les marchés africains et internationaux.
Le marché confédéral doit ainsi devenir un espace d'opportunités pour nos entrepreneurs et un levier de croissance pour nos entreprises.
Les PME et PMI constituent le socle de notre tissu productif et un important vivier de création d'emplois. Leur développement doit donc être au cœur de nos politiques économiques.
Nous devons apporter des réponses concrètes aux contraintes qui freinent leur croissance, notamment l'accès au financement, aux marchés, aux technologies, aux infrastructures, aux compétences et aux dispositifs d'accompagnement.
Il convient également de renforcer les mécanismes de financement de l'entrepreneuriat, de mobiliser davantage l'investissement privé, de promouvoir les partenariats public-privé et interentreprises, et de favoriser l'innovation et la transformation numérique.
Une attention particulière doit être accordée à notre jeunesse et à nos femmes. Ils ne doivent pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des acteurs à part entière de la transformation économique de notre espace.
Nous devons leur permettre de passer du statut de demandeurs d'opportunités à celui de créateurs d'opportunités, d'emplois, de produits et de solutions.
Au Mali, l'adoption de la Stratégie nationale de l'Entrepreneuriat et de son Plan d'actions 2026-2030 constitue une étape importante dans la construction d'un environnement favorable à l'initiative privée.
La deuxième édition du SIE-AES doit contribuer à donner une visibilité accrue à cette stratégie, mais surtout à favoriser son appropriation par l'ensemble des acteurs concernés : entrepreneurs, organisations professionnelles, institutions financières, structures d'accompagnement, collectivités, partenaires techniques et financiers et investisseurs.
Le Salon doit être un espace où les politiques publiques rencontrent les besoins réels du secteur privé et où les initiatives trouvent des interlocuteurs, des financements, des compétences, des marchés et des partenaires.
J'invite, à cet effet, les organisateurs et l'ensemble des parties prenantes à privilégier une approche fondée sur l'innovation, la créativité, la mise en relation et surtout la concrétisation.
Les panels, expositions, rencontres B2B, présentations de projets, démonstrations et autres activités du Salon doivent être conçus comme autant d'opportunités de faire émerger des solutions, de conclure des partenariats et de susciter des investissements.
Nous devons progressivement passer d'une logique de participation à une logique de résultats.
À l'issue de cette deuxième édition, nous devons être en mesure d'identifier les partenariats conclus, les projets engagés, les investissements mobilisés, les entreprises mises en relation et les opportunités nouvelles créées.
Un Salon réussi ne sera pas seulement celui qui aura accueilli davantage de participants ; ce sera celui qui aura permis de créer davantage de connexions économiques, de concrétiser davantage de projets et d'ouvrir davantage de perspectives à nos entrepreneurs.
À travers cette deuxième édition, nous devons poursuivre la construction d'un écosystème entrepreneurial fondé sur la complémentarité de nos économies, la mutualisation de nos expériences et la mise en commun de nos intelligences, de nos compétences, de nos capitaux, de nos technologies et de nos marchés.
Le SIE-AES doit devenir progressivement une plateforme de référence pour les entrepreneurs de l'espace confédéral, tout en demeurant largement ouverte aux acteurs économiques africains et aux partenaires internationaux.
Notre ambition doit être de faire de Bamako un espace de rencontre, d'innovation et d'affaires, où se nouent des partenariats utiles au développement de l'AES, mais également à son ouverture sur l'Afrique et sur le monde.
La deuxième édition du Salon International de l'Entrepreneuriat-AES doit ainsi marquer une nouvelle étape dans notre démarche collective.
De la culture entrepreneuriale à l'entreprise.
De l'entreprise à la création de valeur.
De la création de valeur aux chaînes de valeur.
Des chaînes de valeur à la transformation économique.
Et de la transformation économique à la souveraineté.
Tel est le chemin que nous devons emprunter.
Faire de l'entrepreneuriat le cœur de notre souveraineté économique, c'est donner à nos populations les moyens de créer leurs propres richesses et de participer pleinement à la construction de leur avenir.
C'est également faire de nos jeunes et de nos femmes non seulement les bénéficiaires, mais les bâtisseurs de l'économie de demain.
La réussite de cette ambition repose sur notre capacité à conjuguer la vision politique, l'action publique, l'engagement du secteur privé, l'innovation de notre jeunesse et la coopération entre les acteurs de nos trois États.
Je souhaite donc que cette deuxième édition du Salon International de l'Entrepreneuriat-AES soit celle de la consolidation des acquis, de l'innovation dans l'action, de la concrétisation des partenariats et de l'accélération de la création de valeur.
Ensemble, faisons de l'espace AES un espace où l'on entreprend, où l'on produit, où l'on transforme, où l'on innove et où l'on investit.
Transformons nos potentialités en opportunités, nos opportunités en entreprises, nos entreprises en emplois et nos entreprises en véritables moteurs de notre souveraineté et de notre prospérité.
C'est ainsi que nous contribuerons à bâtir un Mali Kura prospère et souverain et une Confédération des États du Sahel intégrée, productive, résiliente et pleinement maîtresse de son destin.
Je vous remercie.
Général de Division Abdoulaye Maïga